Belgian Council Laboratory Animal Science
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BCLAS Historique

1. Introduction

Les auteurs de ce bref historique sur la fondation du «Belgian Council for Laboratory Animal Science» (BCLAS) ne se sont pas limités à relater uniquement l’histoire de la création du BCLAS. Ils se sont appliqués à replacer celle-ci dans l’évolution, en Belgique et dans le monde, des problèmes liés au bien-être et à l’utilisation des animaux de laboratoire depuis la fin des années cinquante.

Le BCLAS fut créé officiellement en 1983 et poursuivit, tout en les développant, les activités de la Section Belge de l’ICLAS, qui avait été constituée officieusement dès 1969 après l’élection du Prof Jean R. Maisin comme représentant de la Belgique à l’ICLA (International Council for Laboratory Animals).

La première initiative qui fut prise par les responsables de la Section Belge de l’ICLA fut la réalisation d’une enquête sur les animaux de laboratoire produits et utilisés en Belgique.Une telle enquête n’avait jamais été réalisée dans notre pays. Ensuite, ils s’appliquèrent à mettre progressivement sur pied les éléments de bases indispensables au développement de la science des animaux de laboratoire et à leur bien-être, avec l’aide et en collaboration étroite avec les autorités belges chargées de ces problèmes, ainsi qu’avec le concours des Associations Internationales, notamment la FELASA(Federation of European Laboratory AnimalAssociations) et l’ICLAS (International Council of Laboratory Animal Science).

2. Situation en Belgique et en Europe, fin des années 50 et début des années 60, en ce qui concerne les animaux d’expérience

Dès la fin des années cinquante et au début des années soixante, quelques personnalités belges influentes et impliquées dans des organisations internationales dont le Dr. Y.de Hemptinne, Secrétaire de l’UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization), le Prof Florkin de l’ULg et le Prof Joseph Maisin, Président du CIOMS (Council for International Organizations of Medical Sciences), se réunissaient officieusement pour discuter des problèmes liés aux animaux de laboratoire. Leur optique était d’élever à tous les niveaux la qualité de ces animaux, tant dans le domaine de la recherche que dans celui de leur production et de leur contrôle, en révisant les standards en usage pour leur hébergement et les soins qui leur étaient donnés. Le but était également de sensibiliser et d’impliquer les autorités belges.

En effet, à cette époque, les autorités belges compétentes dans ce domaine, de même que les milieux scientifiques en général, ne semblaient pas être très sensibilisés par le sort des animaux de laboratoire. Les scientifiques, qui ne disposaient pas de références valables, étaient livrés à eux-mêmes, pour la conception et la réalisation de leurs expériences.

La première loi belge, très élémentaire, sur la protection des animaux, fut publiée en 1975 ; son article six concernait la vivisection et les opérations chirurgicales. Cet article spécifiait que la vivisection était interdite, mais le contenu de celui-ci était focalisé sur l’interdiction de la vivisection et non pas sur les exigences en matière d’expérimentation animale. Les expériences chirurgicales pour la recherche scientifique, médicale et vétérinaire étaient autorisées uniquement dans les laboratoires universitaires ou dans les laboratoires similaires agréés. Cette loi ne considérait pas les manipulations douloureuses autres que chirurgicales.

Dans le monde et en Europe, existait, selon les pays considérés, une grande différence dans la qualité des soins apportés aux animaux de laboratoire. La Belgique, comme on vient de le décrire brièvement, comparée notamment aux pays du Nord de l’Europe, tels que la Norvège, la Suède, l’Allemagne et surtout le Royaume-Uni, était à cette époque très en retard en ce qui concerne la législation et les investissements liés à l’utilisation des animaux de laboratoire.
En effet, les premiers grands mouvements critiques ciblés contre les expériences sur les animaux se sont organisés au Royaume-Uni, où un premier groupe de pression, la «Victoria Street Society for the Protection of Animals from Vivisection», argumentera pour une restriction légale de la vivisection en 1875. Dès 1876, le parlement anglais adoptait la première loi sur la protection des animaux d’expérience : le «Cruelty to Animal Act ».

Il a fallu cependant attendre plus d’un siècle avant qu’une législation spécifique ne soit mise en place.
Il ne faut cependant pas oublier de citer en matière de protection animale la «Déclaration Universelle des Droits de l’animal», proclamée solennellement à Paris le 15 octobre 1978 par l’UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural organizations). Cette déclaration établissait notamment que l’expérimentation animale implique une souffrance physique ou psychologique et qu’elle représente une incompatibilité avec les droits des animaux. Des techniques de remplacement doivent donc être favorisées et utilisées. L’impact de cette déclaration aboutira principalement à l’élaboration de conventions internationales et à la légitimité morale renforcée des mouvements de protection animale.

3. Création de la Section Belge de l’ICLA

Cependant, une vingtaine d’années avant la déclaration universelle des droits des animaux émise par l’UNESCO en 1978, une première action formelle au niveau international eut lieu au début de l’année 1955, lorsque l’IUBS (International Union of Biological Sciences) créa un comité international pour étudier les problèmes existant dans les domaines scientifiques qui se servent d’ animaux vivants pour réaliser leurs expériences. Cette initiative fut suivie par une autre venant du CIOMS (Council for International Organisations of Medical Sciences). Ces deux initiatives amenèrent l’UNESCO à organiser à Paris les 3 et 4 novembre 1956 une réunion d’experts internationaux. A cette réunion assistaient les représentants de l’IUBS, du CIOMS, ainsi que des représentants de plusieurs Institutions Nationales. Lors de cette réunion, la décision de principe fut prise de fonder un Comité Scientifique International non gouvernemental et indépendant ayant comme unique objectif de relever les «standards» en vigueur sur l’utilisation des animaux de laboratoire en général.

La même année se tenait la première réunion d’une dizaine de personnalités représentant des institutions internationales et nationales au cours de laquelle l’ICLA (International Council for Laboratory Animals) fut officiellement fondé et dont l’appellation en 1979 fut changée en «International Council for Laboratory Animal Science»( ICLAS). Cette assemblée élut le Prof Hörstadius, comme Président, et le Dr Lane-Petter comme premier Secrétaire-Trésorier.

Ce n’est cependant qu’en 1958 que ce comité international commença à se structurer et prendre son envol. Une troisième réunion fut organisée, vu l’intérêt croissant que montraient plusieurs organisations non gouvernementales et plusieurs Institutions Nationales pour l’ICLA. La même année, le Professeur Hörstadius démissionna comme représentant de IUBS et comme Président de l’ICLA.

Cet organisme nomma à sa place le Prof. Joseph Maisin comme Président.

Vers le milieu des années soixante, à l’initiative du docteur Jean R. Maisin, un petit groupe de chercheurs et de scientifiques belges prit la relève du groupe des personnalités citées au début de ce document. Ce groupe ne prit aucune décision spectaculaire, se contentant de rassembler des renseignements et de voir comment il pourrait résoudre les nombreux problèmes existant dans notre pays. En 1969, le Président en fonction de l’ICLA, le Professeur Joseph Maisin, Directeur de l’Institut du Cancer de l’UCL, estima que le temps était mûr pour que la Belgique présente sa candidature comme membre national de l’ICLA, et le docteur Jean R. Maisin fut élu par l’Assemblée générale comme représentant de la Belgique au sein de ce Comité International.

A cette époque, l’Assemblée Générale de l’ICLA se composait de représentants de 5 Unions Internationales, et de 29 pays répartis dans le monde entier, chacun d’entre eux étant représenté par un délégué.

Cet évènement donna une impulsion nouvelle au petit groupe de chercheurs belges intéressés par le problème de l’utilisation des animaux de laboratoire pour la recherche scientifique, qui prit la décision de se réunir régulièrement.
Ce petit groupe, fut à l’initiative de la création de la Section Belge de l’ICLA.

Si le docteur Jean R. Maisin s’est intéressé si activement à la science des animaux de laboratoire et à l’amélioration de leur bien- être, c’est dû au fait qu’il venait d’être nommé à la tête du département de Radiobiologie du CEN/SCK et que dans ce cadre il était responsable d’une animalerie conventionnelle qui allait rapidement se compléter d’une animalerie de souris et de rats exempts de germes pathogènes et d’une animalerie de souris et de rats « germ- free ».

4. Première enquête réalisée en Belgique sur le nombre d’animaux et les différentes espèces utilisées pour la recherche en Belgique

La première initiativequi fut prise par la Section Belge de l’ICLA fut de réaliser une enquête sur les animaux de laboratoire produits et utilisés en Belgique. En effet, personne ne connaissait à ce moment le nombre d’animaux utilisés en recherche en Belgique ainsi que la qualité de leur hébergement.

Pour ce faire, le docteur Jean R. Maisin prit l’initiative d’organiser le 14 mars 1970 à la Fondation Universitaire, 11 rue d’Egmont, à Bruxelles une réunion, à laquelle furent invités la plupart des responsables des animaleries des Universités du pays, des plus importantes firmes pharmaceutiques, des représentants des départements ministériels ayant dans leurs attributions la recherche en médecine et en agriculture et des scientifiques utilisant des animaux de laboratoire pour leurs recherches.

Il est difficile de citer toutes les personnalités qui étaient présentes à cette réunion, mais parmi celles-ci nous citerons notamment: le Prof H. Bazin de l’UCL, le Prof Dustin de l’ULB, le Dr A. Dunjic de l’UCL, le Dr A. Georges de la firme Christians, le Dr R. Goutier de ULg, le Prof E. Lacroix de U. Gent, M. A. Léonard du CEN, le Prof I. Leusen de U. Gent, Mr R. Leyten de la KUL, le Dr Jean R. Maisin du CEN et de l’UCL, le Prof J.Mortelmans du Koninklijke Maatschappij Voor Dierkunde, le Dr R. Marsboom de la firme Janssen Pharmaceutica, le Dr J. Puigdevall de l’UCB, le Prof F. Schoenars de l’Ecole de Médecine Vétérinaire de l’Etat à Cureghem et le Prof M. Van de Putte de la KUL, etc…

L’ordre du jour de cette réunion était le suivant :

  1. Opportunité de créer une Section Belge de l’ICLA, et les activités de cette section.
  2. Moyens de répondre au besoin croissant d’animaux de qualité dans les recherches de laboratoire.
  3. Formation du personnel technique et scientifique
  4. Voies et moyens visant à intéresser l’Administration de la Recherche aux problèmes des animaux de laboratoire.

Conjointement à cette réunion, une lettre circulaire et deux formulaires (le premier demandant notamment de spécifier le nombre d’animaux et leurs qualités, et le deuxième de décrire leurs installations) ont été envoyés aux représentants de toutes les universités, institutions scientifiques et firmes pharmaceutiques. Il leur était demandé de contacter les différents services et départements de leurs institutions respectives afin qu’ils leur communiquent le nombre total d’animaux utilisés dans  leurs installations ainsi que les différentes espèces et races, en précisant le nombre de chacune d’elles, ainsi que le nombre d’animaux qui étaient éventuellement fournis à des tiers et leurs qualités (animaux conventionnels, pathogènes ou germ-free).
Comme il arrive malheureusement souvent lors de la réalisation de telles enquêtes, plusieurs laboratoires n’ont pas fourni les renseignements demandés, ou ont répondu de façon incomplète. On estima cependant que les formulaires remplis couvraient environ 90 % des animaux de laboratoire produits et utilisés en Belgique et permettaient de faire un bilan assez exact de la situation existante en 1969 dans notre pays.

En résumé, cette enquête réalisée par la Section Belge de l’ICLA révéla qu’en 1969 les institutions belges avaient utilisé environ 583.170 animaux de laboratoire dont : 300.000 souris, 260.000 rats, 12.000 cobayes, 7.000 lapins, 2.300 chiens, 1.000 primates non humains ; 700 hamsters ; 60 porcs ; 50 poules ; 50 chats et 10 pigeons (annexe 1). Ce premier inventaire fut complété, grâce au travail de madame Leyten, par un deuxième qui parut dans la revue Biotechniek (n° 20,1-20) sous le titre « Inventaris van de laboratorium dieren in België gekweekt »( annexe 2).
Lors de la première enquête, il est apparu également que de nombreux laboratoires maintenaient dans de mauvaises conditions de milieu et de sélection de petits noyaux de l’une ou l’autre espèce ou de l’une ou l’autre race.
Aucun laboratoire n’était équipé pour produire ou maintenir en expérimentation des souris ou des rats « pathogen-free » dans le sens strict du terme.
La K.U.L était une des rares institutions, si pas la seule produisant un petit nombre de souris « germ-free ».
Dans les conclusions de cette enquête, plusieurs recommandations étaient également faites, dont la nécessité de:

  1. Subsidier l’installation et le fonctionnement d’un centre de documentation pour animaux de laboratoire.
  2. Créer un centre de conservation des espèces.
  3. Soutenir financièrement les centres de production d’animaux de laboratoire.
  4. Encourager la construction de bâtiments susceptibles d’héberger dans des conditions adéquates les animaux d’expérience.
  5. Proposer que les autorités scientifiques compétentes consultent la Section Belge de l’ICLA en vue d’harmoniser le développement des animaux de laboratoire avec les besoins nationaux.

Lorsque l’on considère rétrospectivement les problèmes en relation avec les animaux de laboratoire 40 ans après cette première enquête, il est évident que si celle-ci était indispensable et avait fourni beaucoup d’informations qui étaient nécessaires, la plupart des recommandations qui l’accompagnaient étaient beaucoup trop optimistes.

Cette réunion du mois de mars 1970, fut le vrai départ de la Section Belge de l’ICLA, qui mit sur pied une véritable structure. Le Prof F. Schoenars, sur proposition du Dr Jean Maisin, fut élu Président et Jean Maisin fut élu secrétaire-trésorier. Les vice-présidents étaient R. Leyten et J. Mortelmans. et les membres du comité étaient : H. Bazin, E. Lacroix, A. Léonard, J. Roba et R. Vanbreuseghem.
Depuis cette date, la section belge de l’ICLA se réunissait régulièrement dans les locaux de la Fondation Universitaire et tous les rapports de réunion étaient rédigés dans les deux principales langues nationales.
Le 3 décembre 1971, la Section Belge de l’ICLA organisa, à l’Ecole de Médecine Vétérinaire de l’Etat à Cureghem, le premier symposium d’une longue série sur les problèmes liés aux animaux de laboratoire. Une dizaine de symposiums furent organisés par la Section Belge de l’ICLA, et les suivants par le BCLAS.
En 2009, s’est tenu le 39ème symposium de cette série (annexe 3). A l’occasion de chacun de ces symposiums, une exposition tenue par les fournisseurs d’animaux et de matériel de laboratoire était organisée.

En 1972, les doyens de l’Ecole de Médecine Vétérinaire de l’Etat, et de la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Gand furent contactés et leur attention fut attirée sur les problèmes des animaux de laboratoire en Belgique, et en particulier sur le manque de formation des médecins vétérinaires dans cette spécialité. On leur avait demandé également d’étudier l’opportunité d’organiser un complément d’enseignement dans ce domaine, suivant un programme qu’ils détermineraient. En 1973, les doyens de ces deux facultés répondirent positivement à cette demande et acceptèrent d’organiser dans leurs facultés un enseignement complémentaire pour les vétérinaires. A Cureghem, le premier cours eut lieu en 1974.
En 1973, également J.R. Maisin fut désigné par l’ICLA pour représenter à Strasbourg cette organisation internationale aux discussions des experts sur la recommandation 621.
La même année, un petit groupe de vétérinaires et de responsables d’animalerie, dont faisaient partie notamment: P. André, E. Berge, J. Carleer, R. Leyten, et J. Spruyt s’est constitué pour échanger des informations et leurs expériences dans l’organisation d’une animalerie.
Un problème que nousn’avons pas encore mentionné, et qui est important pour toute association, c’est le problème financier. Si dès sa création, la Section Belge de l’ICLA a pu compter sur l’aide bénévole du secrétariat du département de Radiobiologie du CEN-SCK pour pouvoir fonctionner, il était indispensable que d’autres ressources soient mises à la disposition de l’association. C’est ce qui arriva en 1973 suite à l’impulsion de M. R. Leyten. Cette année-là, l’association organisa son deuxième symposium dans les locaux de la Société Royale de Zoologie à Anvers, en collaboration avec l’Association Européenne des animaux de laboratoire et grâce à l’hospitalité du Prof. Walter Van den Bergh. Une exposition de matériel et d’aliments pour les animaux de laboratoire y fut également mise en place. Cette exposition fut un succès et rapporta plus de 300.000 FB. C’est ce capital qui fut à la base des ressources financières de la Section Belge de l’ICLA et plus tard du BCLAS, et qui leur permit de fonctionner.
La Section Belge de l’ICLA, encouragée par ces résultats, poursuivit ses efforts pour développer les sciences se rapportant aux animaux de laboratoire en Belgique.
Un mémorandum sur l’ensemble de la problématique fut rédigé pour les autorités belges ayant ce problème directement ou indirectement dans leurs attributions. Dans la lettre d’accompagnement de ce mémorandum, la Section Belge de l’ICLA proposait notamment la création d’une commission chargée d’étudier, entre autres, les besoins en animaux de laboratoire, leur production, leur maintien dans de bonnes conditions et la formation du personnel chargé de s’en occuper. Parmi les autorités belges contactées, citons notamment : les deux Ministères de l’Education Nationale, les Ministères de l’Agriculture, de la Programmation et de la Politique Scientifique, des Affaires Economiques et de la Santé publique. Fut contacté également le Directeur Général du FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique).
Tous ces Ministères ainsi que le FNRS, manifestèrent leur intérêt pour les problèmes posés par les animaux de laboratoire, et en particulier les Ministères des Affaires Economiques et de l’Agriculture qui appuyèrent notre initiative de créer une Commission ad hoc. Le Ministère de la Politique  Scientifique demanda que la Section Belge de l’ICLA lui fournisse un rapport circonstancié sur les problèmes qui se posent en Belgique dans ce domaine et notamment sur les besoins en animaux de laboratoire et sur les possibilités de rationaliser les demandes d’animaux afin d’atteindre un service optimal.
Les Ministères de l’Education Nationale étaient quant à eux surtout intéressés au problème de la formation du personnel chargé des animaux de laboratoire.

Pour répondre à cette dernière demande et pour combler cette lacune, la Section Belge de l’ICLA organisa pour les néerlandophones en 1977 et en 1978 pour les francophones des cours pour les animaliers et les techniciens. Ces cours connurent un grand succès et d’autres cours furent organisés pour les néerlandophones en 1981-1982. Dès sa création, le BCLAS poursuivit l’organisation de ces cours dont les premiers eurent lieu pour les néerlandophones en 1985 et 1986, et pour les francophones en 1984 et 1988.
Au cours des années suivantes, la Section Belge de l’ICLA continua de se réunir régulièrement. En 1979, le Prof F. Schoenars, atteint par la limite d’âge, quitta l’Ecole de Médecine Vétérinaire de l’Etat et donna sa démission comme Président de la Section Belge de L’ICLA. Le Prof Jean R. Maisin fut élu comme nouveau Président de la Section Belge de l’ICLAS.
Entretemps, l’Europe poursuivait son organisation et créait en 1978 la FELASA (Federation of European Laboratory Animal Science Associations). A la base de la création de cette nouvelle société, on retrouvait notamment les sociétés nationales d’Allemagne (GV-Solas) de la Grande Bretagne (LASA), de la Hollande (NVP) et des pays du nord de l’Europe, regroupés dans l’association Scand-Las.

5. Création du « Belgian Council for Laboratory Animal Science” (BCLAS)

En 1983, encouragés par les résultats obtenus, les responsables de la Section Belge de L’ICLAS estimèrent qu’il était temps de créer officiellement une société scientifique s’occupant des problèmes des animaux de laboratoire. La Section Belge de l’ICLA se transforma alors en BCLAS (Belgian Council for Laboratory Animal science), auquel se joignirent des représentants du petit groupe de vétérinaires cité plus haut. Les statuts de la nouvelle ASBL furent publiés au Moniteur Belge en 1983 et complétés par un règlement d’ordre ntérieur en 1985. Le premier siège social du BCLAS était localisé au 144 avenue E. Plasky 1040 Bruxelles, dans les bureaux du siège social du CEN-SCK.

Les 20 membres fondateurs de cette nouvelle société scientifique représentaient presque toutes les Universités, les grandes Institutions Scientifiques et les grandes firmes pharmaceutiques belges. Nous estimons qu’il est intéressant de les citer tous : Prof H.Bazin UCL ; E. Berge, firme RIT ; Prof J.M Bienfait ULg ; Prof J. Brandt Institut de Médecine Tropicale Prins Léopold ; Prof P. De Baetselier V.U.Brussel ; Prof A. Depelchin Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix ; M. Desmecht chef de travaux à Institut national de Recherches vétérinaires ; Prof M. A. Devos Rijksuniversiteit Gent ; Mme J. Ernotte-Carleer docteur en médecine Vétérinaire de ULg ; Prof A.G. Herman Universitaire Instelling Antwerpen ; Prof A. Houvenaeghel Rijksuniversitair Centrum Antwerpen ; Prof M Joniau, Katholieke Universiteit Leuven; Docteur A Lafontaine. directeur Institut d’Hygiène et d’Epidémiologie ; M.A Léonard, chef de section Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire; Mr R. Leyten, direkteur proefdierencentrum K.U.Leuven ; le Prof J.R. Maisin chef du département de Radiobiologie du Centre d’Etude de L’Energie Nucléaire ; M. A. Marchal chef de laboratoire de l’Institut Pasteur du Brabant ; M. J. Roba Continental Pharma ; Prof P. Robberecht U.L.B ; Prof P. Steels, hoogleraar Limburgs Universiteit Centrum.
Le premier secrétaire du BCLAS fut Alain Léonard.

L’association s’assignait les buts suivants :

  1. promouvoir et développer l’utilisation correcte des animaux d’expérience à des fins scientifiques ou didactiques;
  2. mieux faire connaître l’éthique et la législation dans ce domaine;
  3. développer les relations interdisciplinaires centrées sur l’animal d’expérience,
  4. échanger régulièrement au moyen, de colloques, groupes de travail, cours, expositions et communications, toutes les informations relatives aux animaux de laboratoire.
  5. encourager la recherche et promouvoir les connaissances les concernant.

Entre-temps, l’ICLAS se développait harmonieusement. En 1987, sa composition était la suivante :

6 membres représentants des Unions Internationales
45 représentants de différents pays
16 représentants de sociétés scientifiques nationales
65 membres associés
5 membres honoraires

Quant au BCLAS, ses activités se développaient : outre les symposiums, l’organisation des cours pour animaliers et techniciens animaliers se poursuivaient et ils sont toujours organisés aujourd’hui. En 1996, les certificats du BCLAS pour les animaliers et techniciens, sous réserve de réussite d’une épreuve, sont contresignés par une autorité du Service Vétérinaire du Ministère des Classes Moyennes et de l’Agriculture, dans le but de se conformer aux Directives Européennes et à la législation belge concernant la protection des animaux.

En 1985, le BCLAS publiait dans les deux langues nationales une première newsletter d’une douzaine de pages (annexe 4), qui fut suivie d’une deuxième l’année suivante. Il fallut attendre plusieurs années avant que cette initiative soit reprise (voir plus loin).
Le nombre de membres de l’ASBL augmentait sensiblement et parmi ces nouveaux membres, citons notamment le Dr H. Van Cauteren de Janssen Pharma Centrum, en 1987 ; le Prof Y. Bouquet de l’Université de Gand ; en 1988 G. De Vroey de la Janssen Research Foundation ; Prof J.J Letesson de la FUNDP ; Dr K.Meurrens ; M. C. Van Hove de U.I.A; Dr J.Vankerkom du CEN- SCK; Prof E. Wyffels de la V.U.B; Prof B. Nicks de l’ULg; Dr P.Terpstra C.R.C; Prof B.Goddeeris de la KUL ; le Prof R. Naeÿe ; Dr J.Abarca-Quinones, et bien d’autres qui tous jouèrent un rôle dans le développement et le rayonnement du BCLAS.
En Europe, les statuts du Conseil de l’Europe furent signés le 5 mai 1949 à Londres par dix pays, dont la Belgique. En vue de renforcer les efforts consentis par les pays européens dans le cadre de la protection des animaux d’expérience, les Etats membres ont adopté en 1986 une « Convention européenne sur la protection des Animaux Vertébrés utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques (STE 123) ». Le Conseil ne pouvait pas imposer les règles de cette Convention 123 aux Etats membres, mais dès qu’un pays signait et ratifiait la Convention, il était tenu ( par la législation internationale) de s’inspirer des règles de cette Convention au niveau national. La Belgique a officiellement adopté les dispositions de la Convention par la Loi du 18 octobre 1991.
Par après, la convention a été adaptée et 4 résolutions furent prises.

  1. sur l’interprétation de certaines dispositions et expressions (statistiques, animaux transgéniques (novembre 1992)
  2. sur la formation des personnes travaillant sur des animaux de laboratoire (décembre 1993)
  3. sur l’acquisition et le transport des animaux de laboratoire (mai 1997)
  4. sur les installations et soins des animaux de laboratoire (mai 1997).

Les pays signataires de la convention ont décidé en juin 1998, d’adopter un protocole d’amendement à la convention STE 123. Ce protocole (STE 170) est d’application depuis le 2 décembre 2005 et fait actuellement partie intégrante du traité STE 123. La Belgique l’a intégré dans sa législation par la loi du 7 octobre 2002, portant assentiment au protocole d’amendement à la Convention européenne sur la Protection des animaux vertébrés utilisés à des fins expérimentales ou d’autres fins scientifiques, fait à Strasbourg le 22 juin 1998. Une première mise à jour de cette annexe technique sur l’hébergement et les soins des animaux d’expérience a été officiellement intégrée par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe dans la Convention STE 123, le 21 mars 2007.

En 1995, les statuts du BCLAS furent modifiés pour y incorporer plus explicitement la notion des 3 R (Remplacement, Réduction, et Raffinement). Lors de sa réunion du 20 décembre 2004, l’Assemblée Générale du BCLAS procéda à une nouvelle modification des statuts de l’ASBL (statuts qui furent publiés dans les annexes du Moniteur Belge du 20 avril 2005). L’Assemblée Générale de BCLAS, lors de la même réunion approuvât une nouvelle version du Règlement d’Ordre Intérieur en fonction des exigences de la loi du 2 mai 2002 concernant les ASBL/VZW.

En 1994, Jean R. Maisin fut élu Président faisant fonction de ICLAS et puis Président de cette organisation internationale de 1995 à 2000.
Vu l’augmentation de ses responsabilités internationales, Jean Maisin donna sa démission en tant que Président du BCLAS et Egil Berge fut élu Président. Présidence qu’il exerça avec abnégation, dévouement et compétence jusqu’à la fin 2006.
En janvier 2007, Guy De Vroey fut élu Président, présidence qu’il exerce encore avec brio à ce jour. Egil Berge et Jean Maisin furent élus membres Honoraires du BCLAS.
Egil Berge, en tant que membre actif du Conseil d’Administration, s’est impliqué très tôt dans l’organisation des cours organisés par le BCLAS, en tant que professeur, mais surtout comme organisateur et en participant à tous les cours donnés pendant une longue période.
Ensuite ce fut Vincent Thisse, qui prit la relève comme organisateur de ces cours pendant quelques années.

L’influence du BCLAS dans le cadre de la science des animaux de laboratoire n’a cessé de se développer au cours de ces années. Influence qui se concrétisa par la nomination d’Egil Berge et de Jean Maisin comme représentants du BCLAS au sein du Conseil d’Administration du FELASA. En l’an 2000, Egil Berge fut également nommé directeur associé de AAALAC (Association for Assessment and Accreditation of Laboratory Animal Care International) pour les activités européennes, et ensuite directeur, fonction qu’il exerça jusqu’en 2007.
Il est intéressant de rappeler la composition du conseil d’Administration du BCLAS lorsqu’Egil Berge fut élu Président :

BSc J Abarca-Quinones (UCL) Mr ; Dr E. Berge (AAALAC Int); Dr A. Decostere ( RUG Gent); Prof L. Deryck (KUL- UCL Hasselt); Dr G. De Vroey (Janssen Reseach Foundation); Dr M. Fournel (ULB Erasme) Prof A. Hoevenaghel (RUCA); Dr D.Lambrigts ( UCB-Braine L’Alleud) ; Prof J. R. Maisin (UCL); Dr K.Meurrens (KUL); D Morelle ( Lilly Development Centre) ; F.Mulkens ( KUL); Dr. J. Nyabenda ( Inst. Pasteur de Bruxelles); Dr P. Terpstra ( C.R.C); Dr V. Thisse ( SGS Simon SA); Dr O Vanloocke ( SBBio Rixensart) ; Dr J. Vankerkom ( VITO Geel) remplissant le poste de secretaire-trésorier; Prof J. Verstegen ( ULg); Prof A. Weyns (RUCA Antwerpen); Dr E.Wyffels (V.U.B).
Jean Vankerkom exerça pendant plusieurs années la tâche de secrétaire-trésorier avec compétence et dévouement. C’est grâce à lui notamment que le BCLAS en 2001 eut un nouveau logo, et que l’on récupéra une partie des archives de la section Belge de l’ICLAS et du BCLAS.

Concernant le FELASA( dont la Belgique fut officiellement membre dès le début des années ’80 ? ou en 1987 ). Egil Berge et Jean Maisin furent les premiers représentants du BCLAS au sein de son Conseil d’Administration . Cependant, dès 1982, R Leyten participa aux réunions du groupe de travail « Legal en Welfare ». Le BCLAS prit très vite officiellement une part active aux différents Groupes de Travail que le FELASA mit sur pied. Parmi ceux-ci, citons notamment le groupe de travail sur la formation. En effet, le FELASA s’attela à établir un programme d’éducation et de formation pour toutes les personnes qui s’occupent des animaux de laboratoire (animaliers, techniciens, universitaires et directeurs de laboratoire) programme qui fut accepté dans les années ‘90 par tous les pays Européens, le Conseil de l’Europe et par la Commission des Communautés Européennes.
Citons encore les groupes de travail sur le contrôle sanitaire, sur les primates, sur la production des anticorps polyclonaux et sur la collaboration avec l’ensemble des organismes internationaux…Encore aujourd’hui, plusieurs membres du Conseil d’Adminsitration participent activement à divers groupes de travail FELASA, dans plusieurs domaines importants (reporting des signes cliniques, etc..).

Concernant l’ICLAS, le BCLAS participa activement aux programmes d’éducation dans les pays de l’Est de l’Europe pour le personnel travaillant avec des animaux de laboratoire et notamment en Hongrie, où le Pr J.R Maisin organisa pour l’ICLAS un cours de catégorie C auquel participèrent notamment des scientifiques de la Pologne, de la République Tchéque, ainsi que des pays de l’ancienne URSS.
Dans les pays d’Afrique francophone, l’effort du BCLAS fut plus conséquent, et sous l’impulsion du Prof Jean R. Maisin, qui était à ce moment président de l’ICLAS, quatre cours de catégorie C et B furent organisés par l’ICLAS en Tunisie, auxquels participèrent des étudiants de huit pays de l’Afrique francophone.
Rappelons également qu’Egil Berge remplit pendant 5 ans le poste de secrétaire du FELASA.
Après la démission du Prof Jean R. Maisin comme représentant de la Belgique à l’ICLAS, Dr Guy De Vroey fut désigné comme délégué de la Belgique et il fut rapidement élu membre du Conseil d’Administration.

En 1998, il fut décidé également d’établir définitivement le siège social du BCLAS dans les locaux de la Fondation Universitaire , 11 rue d’Egmont à Bruxelles.
En 2000, le comité exécutif du BCLAS était composé d’Egil Berge (Président) Kris Meurrens ( premier Vice-Président), Prof A. Weyns (deuxième Vice –président, Prof John Verstegen (secrétaire trésorier), Dr Guy De Vroey, Dr Michel Fournel et Dr Jean Vankerkom étaient membres du Bureau.
En 2001, il fut décidé de créer pour le BCLAS un site internet.
L’ASBL poursuivit l’organisation en Belgique des cours de catégorie A et B pour les animaliers et les techniciens. L’initiative fut également prise de demander à des écoles techniques de mettre à leur programme des cours pour animaliers et techniciens, initiative qui rencontra un certain succès. A l’heure actuelle, même si l’organisation des cours pour techniciens et maîtres d’expérience a été en majeure partie reprise par des universités et autres institutions, le BCLAS continue à s’y impliquer indirectement, puisque plusieurs membres de son Conseil d’Administration sont repris comme enseignants dans ces formations et sont réputés pour leur expertise et la qualité de leur enseignement. Le BCLAS organise encore cependant des cours pour animaliers néerlandophones, selon la demande.

Au sein du BCLAS, à l’initiative de Kris Meurrens, un groupe de travail pour techniciens de laboratoire et animaliers fut créé en 2002 ?, qui tout de suite fut très actif, et travailla en entière collaboration avec l’ensemble du BCLAS. Depuis sa création, une dizaine d’ateliers techniques et activités pratiques ont été organisées par ce groupe de travail. L’année 2010 a vu le renforcement des relations entre le BCLAS et son association-sœur française, l’AFSTAL. Ainsi, un premier atelier a été organisé par l’AFSTAL en Belgique, en mars 2010, avec l’aide du BCLAS.

Jusqu’en 2002,-2003 une faiblesse de l’ASBL était le nombre de membres, dont une bonne centaine seulement étaient en règle de cotisation. Rapidement cependant, le Conseil d’Administration fit un gros effort et leur nombre atteint depuis quelques années les 300 membres. De même, les symposiums organisés par le BCLAS, au cours desquels ont lieu une exposition de matériel et d’aliments pour animaux de laboratoire connurent de plus en plus de succès, et étaient fréquentés par plusieurs centaines de participants.

Afin de faciliter la participation d’un maximum de membres et surtout des animaliers et des techniciens, tous les exposés des conférenciers sont traduits simultanément depuis plusieurs années dans les deux langues nationales.

Fin des années 90 et début des années 2000, le BCLAS prit une part active, grâce à la présence de plusieurs de ses membres, aux activités du Conseil du Bien Etre (créé en 1988) et du Comité Déontologique. En ce qui concerne le Comité Déontologique, qui a comme mission de conseiller le Ministre de la Santé Publique pour l’élaboration de la nouvelle législation belge sur l’utilisation des animaux de laboratoire, il comptait parmi ses membres deux membres effectifs du BCLAS et deux membres suppléants. Les premiers représentants du BCLAS au sein de ce Comité furent: Béatrice Desmet, Katleen Hermans, Jean R. Maisin et Kris Meurrens.

Le Professeur Jean Maisin fut d’ailleurs élu Vice –Président du Comité Déontologique et coordinateur d’un groupe de travail «Science et techniques», qui fut mis en place pour préparer les discussions des différents problèmes au sein du Comité. Le Comité Déontologique prit également une part active à l’élaboration de la nouvelle Directive de l’Union Européenne (86/609) sur la protection des animaux de laboratoire. En effet , la Ministre de la Santé Publique demanda au comité Déontologique d’étudier la proposition élaborée par les différents groupes de travail de la Commission et par le Parlement Européen. Cette proposition fut discutée à plusieurs reprises, au sein du Comité qui en étudia tous les articles et les différents amendements élaborés au sein de la Commission de l’Union Européenne. Le travail des représentants du BCLAS au sein du comité fut notamment d’aider à trouver un équilibre entre la sauvegarde du bien-être des animaux de laboratoire et les tracas administratifs, afin ne pas mettre un frein au développement de la recherche scientifique. La nouvelle loi belge sera publiée au Moniteur Belge vers le milieu de l’année 2010 et la nouvelle Directive Européenne le sera probablement avant la fin de cette même année.

Des membres du BCLAS participent aussi activement à plusieurs des Commissions d’éthique locales organisées en vue d’évaluer les protocoles expérimentaux en ce qui concerne l’éthique et le bien-être des animaux.
Avant de terminer ce bref historique de la création du BCLAS on ne peut manquer de rendre hommage à l’actuel Président du BCLAS Guy De Vroey qui, par ses nombreuses initiatives et sa persévérance, préside avec doigté et compétence le Conseil d’Administration du BCLAS.
La dernière initiative de ce Conseil d’Administration fut de reprendre la publication dans les deux  langues nationales d’une « NewsLetter », initiative qui permettra de mieux faire connaître les nombreuses activités du BCLAS et de consolider les liens entre ses membres.

 6. Conclusions

Vu l’enthousiasme de son Président et du Conseil d’Administration, on peut être assuré de l’avenir du BCLAS et de la sauvegarde du bien-être des animaux de laboratoire dans notre pays.
Les initiateurs de la création du BCLAS, il y a plus de 40 ans, n’auraient jamais pu espérer un aussi beau développement de l’association qu’ils ont créée.

Prof Jean R. Maisin et Dr E. Berge

Annexes :